Si vous comparez le métier d'architecte naval à celui de nos confrères du bâtiment, vous n'aurez pas tort. Nombreux sont les termes utilisés dans le BTP qui sont issus de la marine (et non l'inverse !). Le but du travail est le même, dessiner un abri... Sauf que dans le cas présent, cet abri est destiné à se mouvoir dans deux éléments aussi différents que l'eau et l'air, auxquels s'ajoute l'interface eau-air qui ne cesse de bouger, ... tout un programme !

La question de faire dessiner un bateau tout à fait personnel peut donc se poser au même titre que celle de faire réaliser une maison par "son" architecte, plutôt que de la choisir dans le catalogue d'une grande marque de "petites boites"....

Lors de la création d'un dossier de plans personnalisés, la plus grande différence dans l'exercice de nos métiers respectifs se situe dans le suivi de construction. Il n'est pas courant en effet, que l'architecte naval accepte cette mission. Pour ma part je ne cherche pas à l'assumer car, d'une part, je trouve mon métier suffisamment complexe et d'autre part, pour éviter les problèmes potentiels (et augmenter mon confort), je limite le nombre de "chantiers partenaires" à quelques relations de confiance. Il est évident que ce cercle peut grandir, mais avec prudence.

Les petits bateaux n'ont généralement pas un budget suffisant pour justifier un amortissement de toutes les études sur une seule unité. En pratique, pour des navires de plaisance il devient de plus en plus rare de réaliser des plans à l'unité dans des tailles inférieures à 14 - 15m. Par contre, pour les navires à usage plus professionnel, il nous arrive de travailler sur de très petites unités dans le cas où la rentabilité est synonyme de particularisme.

J'aime réaliser les plans de toutes sortes de navires. Celà va du plus pur voilier de grande croisière à la péniche de débarquement en passant par le trimaran de croisière tellement rapide qu'il gagne les courses auxquelles il participe, ou encore, par le petit dériveur pour handicapés ou le trawler lent "tourdumondiste", ou ... etc... Il n'en reste pas moins vrai que j'ai pour certains domaines d'application une affection particulière. Je ne vous direz pas lesquels, car ce serait trop réducteur par rapport à la réalité. Cependant, ne vous offusquez pas si je refuse certaines études qui ne m'intéressent pas.

Le métier d'architecte naval est en moyenne bien peu rémunérateur par rapport à l'énergie qu'on y passe. Aujourd'hui je considère que - à l'exceptions de sujets passionnels - chaque nouveau dossier de plan doit être pérène. En d'autres termes, si ce n'est pas l'espoir de voir un plan se commercialiser encore de nombreuses années, c'est la passion qui me motive pour accepter ou refuser certains dossiers.

Je vous suggère de vous référer aux documents édités par L'IFAN dont le site (www.ifan.fr)  vous permettra de prendre connaissance de nombreux compléments d'information, autres que le document à télécharger ci-dessous.

J.P.


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Alain Bechetoille,
11 sept. 2012 à 09:13